SORTIR DU DEUIL

Dernière mise à jour : 13 oct.

« Le serpent qui ne peut changer de peau meurt » Friedrich Nietzsche

Il est toujours nécessaire de savoir quand se termine une étape de la vie.
Si tu insistes à vouloir rester en elle au-delà du temps nécessaire, tu perds la joie et le sentiment du reste.
Toute notre vie est une succession de renoncements, de séparations, de deuils.
Le deuil est relié aux passages d’une étape ou période de vie à une autre. Il marque toujours la fin d’une période et aussi, le commencement d’une autre période.




TOURNER LA PAGE


Il est importer de fermer des chapitres et laisser aller les moments de la vie qui se clôturent.

Ton travail s’est terminé ?

Ta relation amoureuse s’est terminée ?

Tu ne vis plus dans cette maison ?

Tu dois partir en voyage ?

Tu peux passer beaucoup de temps de ton présent « anéanti » dans les pourquoi, en te repassant le film et en essayant de comprendre le pourquoi du comment de telle ou telle chose.

L’usure qui s’en suit sera infinie,

Nous ne pouvons pas être dans le présent en regrettant le passé. Ce qui s’est passé, est passé, et il faut le lâcher, il faut s’en détacher.





LES ETAPES DU DEUIL


Voici les étapes du processus de deuil, qui s’appliquent également dans tout changement (il faut faire le deuil de la situation antérieure). Il est à noter :

  • Qu’on passe séquentiellement par toutes ces étapes

  • On reste plus ou moins longtemps sur chaque étape : certaines sont quasiment instantanées et d’autres peuvent être très longues. Cela dépend de chaque individu et du type de changement

  • Dans certains cas difficiles, certains acteurs restent bloqués à une étape et n’arrivent pas à faire leur deuil jusqu’au bout, d'où l'importance d'établir des rituels ou de se faire accompagner.


  • Choc : cette courte phase du deuil survient lorsqu'on apprend la perte. C'est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes. On est immobilisé, comme arrêté dans son élan. On a parfois l’impression d’exploser, d’être en « mille morceaux », d’avoir pris un coup sur la tête. C'est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s'installe.

  • Déni : On n’y croit pas. Ca ne peut pas exister. C’est un cauchemar, on va se réveiller et retrouver le monde tel qu’il était avant. C’est une forme de protection que de refuser la réalité, et qui permet de se préserver, de ne pas imploser. Que ce soit suite à une séparation brutale, à une expulsion, à un licenciement, au passage à un nouvel âge de la vie, c’est un moment où on a besoin d’être entouré, de présence chaleureuse. Les proches ou le thérapeute va servir de contenant pour éviter de se fragmenter. C’est le rôle qu’avaient les veillées funèbres où les proches se rassemblent. On peut rester très longtemps dans le déni, par exemple en ne changeant rien à ses habitudes, en figeant les choses, quitte à s’immobiliser, voire se paralyser dans un monde qui n’est plus...

  • Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte. La culpabilité peut s'installer dans certains cas. C’est une période de questionnements. C’est en général là que commencent les larmes et qu’on commence à extérioriser les émotions. On peut là hurler sa douleur, voire la sortir physiquement. Il est fondamental de ne pas retenir ces émotions, mais au contraire de les libérer et au besoin, se faire accompagner pour traverser cette phase, et se permettre d’exprimer notre ressenti face à cette situation que l’on peut vivre comme une trahison, une injustice, un abandon, voire tout ça à la fois. Il est capital d’exprimer, via le corps, ces sentiments par la parole, les cris, les larmes, le chant, la danse ou autre, faute de quoi, ils agiraient comme un poison à l’intérieur de notre organisme.

  • Marchandage : phase faite de négociations, chantages… « Je jure de ne plus jamais élever la voix contre toi si tu reviens » « Si vous me reprenez à mon poste je ne demanderais aucune augmentation » « Dieu, faites qu’il revienne, rendez - le moi » « Si tu ne rentres pas avant la fin de la semaine, tu vas le regretter... » La liste est longue de prières, suppliques, menaces, tant on refuse de passer à autre chose et que l’on s’accroche à ce qui n’est déjà plus. On essaie de grappiller encore un peu de temps dans le « monde d’avant »… Il arrive que l’on reste coincé longtemps dans cette étape là, ce mécanisme de défense qui nous donne l’illusion que nous sommes encore puissant à faire changer le cours des choses et nous permet de repousser la peur.

  • Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse, et est souvent liée au sentiment d’abandon et d’impuissance à changer la situation. On a parfois l’impression que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue, un sentiment de vacuité, d’inutilité, de perte de sens. Dans cette phase on a parfois l'impression que le deuil ne se terminera jamais. C’est le temps des larmes et de la tristesse du corps et de l’âme, des regrets et des culpabilités . Puis arrive le temps de la résignation. C’est une phase où la tristesse s’atténue, mais elle reste sous forme de pesanteur, de lourdeur. Mais c’est également le moment où se produit le déclic, celui qui nous fera choisir entre rester dans cette semi-mort ou retourner vers la vie. Car cette décision nous appartient.


  • Acceptation : dernière étape du deuil où l’on s’adapte à cet univers nouveau qui est le nôtre. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. On peut encore ressentir de la tristesse, mais on a aussi réorganisé notre vie en fonction de la perte. On comprend et on intègre que toute séparation fait partie de la vie. On peut ressentir cela au plus profond de soi et se sentir libéré. Ce peut être une porte vers une nouvelle spiritualité, un sens profond de l’existence et de ses cycles.


  • Décision : La décision peut être prise à n’importe quelle étape du chemin de deuil, permettant de rejoindre l’autre rive en évitant de se noyer dans ses propres larmes, comme un pont évitant de descendre au fond du gouffre.


  • Intégration : On intègre là l’expérience passée au niveau cellulaire. Les cicatrices de la blessure sont fermées, mais elles resteront sensibles, comme un souffle, une brise, une légère mais douce mélancolie. On pense toujours à l’autre, à la personne chère, à la situation, au lieu, mais on garde le souvenir de ce qu’il y a eu de positif dans la période de vie à laquelle on a du renoncer. On peut s’ouvrir à une dimension spirituelle et une compréhension que le cycle de vie , mort, renaissance est nécessaire à toute évolution et se reproduira car c’est une des lois de transformation de l’univers.

Les deuils sont essentiels et font partie de la vie


Les deuils sont des étapes de Vie difficiles, mais essentielles sur notre chemin.

Chacun de nous vit différents deuils, comme le passage à l'âge adulte, où nous devons renoncer à l'insouciance de l'enfance.

Le départ du nid familial pour voler de nos propres ailes est aussi un deuil, tout comme la perte d'un emploi, une séparation, la perte d'une amitié, d'un amour ou le deuil de nos parents et de ceux qu'on aime.

Toute notre vie, nous vivons des deuils parce que la Vie en est constituée.

Certaines choses doivent mourir et changer de forme pour que nous puissions grandir, vivre quelque chose de mieux et pour suivre notre route en acceptant ces pertes avec courage, mais aussi avec reconnaissance.

Rien de nouveau ne peut survenir si l'ancien ne meurt pas. Chaque deuil porte en lui la semence d'une nouvelle vie.

Nous ne perdons rien. Tout se transforme.

Même dans la douleur d'un deuil immense, souvenons - nous que la Vie est en train de fabriquer un trésor pour nous.

Laissons - lui le temps de le peaufiner et accueillons la renaissance qui viendra ensuite avec le cœur ouvert, car la Vie continue.





RITUEL DE DEUIL


Je propose régulièrement en atelier voir date ci-dessous ou en séance individuelle (toute l'année), d’accompagner le deuil afin d'éviter de rester enliser dans une étape. Lors de cet accompagnement, par le biais du puissant rituel du bâton de deuil, je vous accompagnerai à construire un pont entre la descente vers la dépression et la reconstruction.


Nous honorons ce qui a été mais qui n’est plus afin de nous ouvrir vers ce qui s’en vient, ce renouveau, cette nouvelle vie qui cherche à advenir.

Prochain atelier « Deuil et détachement » samedi 22 octobre 2022

Voir programme des ateliers

https://www.coeur-essence.com/programme



Béatrice Bissier

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